Côte d'ivoire: Sacré Yahya Jammeh! On ne Joue pas avec un anti-Impérialiste
Source :  : Dernière Mise à jour : 13/12/2016
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Le revirement(?) de Jammeh va surprendre plus d’un. Pourtant, les observateurs sérieux de la politique Africaine prévoyait une telle machine arrière. Pas du fait du président Jammeh, mais de l’inconséquence de l’opposition Gambienne. 

  

Interview-Piège 

  

En lisant entre les lignes l’interview accordée par Adama Barrow à RFI, France 24, TV5, Jeune Afrique,…le scenario du 9 Décembre était prévisible. Les mots-questions comme “Redoutez-vous des troubles …,” “Savez-vous où se trouve Yahya Jammeh …,” et surtout la question “Allez-vous engager des poursuites judiciaires contre Yahya Jammeh?” Et la réponse de Barrow qui dit, “nous n’avons de comptes à rendre à personne. Si nous avons des dossiers à juger, nous le ferons. Nous respecterons la Constitution et les droits de chacun, mais la loi s’appliquera à tous,” ont ouvert la porte à la méfiance. 

Les propos de Fatoumata Jallow Tambajang, porte-parole de la coalition qui a soutenu Adama Barrow sont suffisants pour comprendre la foudre qui allait s’abattre sur le président-sortant-entrant Jammeh. Le titre de The Guardian condense à merveille la teneur du discours de Jallow. “The Gambia's new rulers vow to prosecute outgoing president (Les nouveaux dirigeants de la Gambie jurent de poursuivre le président sortant).” 

  

Accusations Incendiaires 

  

Promettant la prison et un “procès” probablement à la CPI, au chef de l’Etat Jammeh, Tambajang s’est voulu claire quant à prendre des mesures pour l’interdire de quitter la capitale afin de l’empêcher de “s’enfuir.” Elle enfonce le clou, accusant aussi Yahya d’avoir l’intention de monter une “rébellion” à partir de la Casamance pour déstabiliser le pays s’il se retirait à Kanilai, son village. Zeinab, la première dame Gambienne n’est pas épargnée. Elle serait une pilleuse des deniers publics. 

Fatou va plus loin et tombe dans le ridicule qui est souvent le fait d’une haine incontrôlée. Elle affirme selon The Guardian, que la coalition a rejeté la demande faite par Jammeh de rencontrer Barrow. “He wants to meet Barrow. He has asked him to meet at his convenience, but we have decided not to meet him, because we don’t trust him (Il veut rencontrer Barrow. Il a demandé à le rencontrer à sa convenance, mais nous avons décidé de ne pas le rencontrer, parce que nous ne lui faisons pas confiance).” Il est impossible dans ce contexte de prendre connaissance des dossiers en instance et de préparer une transition douce. Barrow est businessman. Il ignore certainement qu’un pays ne se gère pas comme un bazar. 

  

Précipitation Irraisonnée 

  

Cette opposition-guerrière n’a même pas attendu d’avoir l’effectivité du pouvoir pour se mettre le joug au cou: son intention annoncée de réintégrer le Commonwealth et à la CPI. Comme des cabris qui prennent trop de liberté, elle s’est ligotée avec sa propre corde: ses propos. Et dévoilé trop tôt son plan anti-Jammeh qui semble avoir une expertise externe. 

Même si le président Jammeh n’avait pas saisi le flou annoncé par la commission électoral sur les résultats, pour demander un revote, Il aurait été impossible d’organiser une transition des charges. Puisque l’opposition refuse de le rencontrer. Lui, qui détient le témoin. L’inexpérience de cette opposition qui semble être téléguidée par des forces extérieures a doncremis Jammeh en selle. 

  

Sirleaf et Buhari Out 

  

Il n’a pas tardé à le prouver en refusant sans ménagement à la CEDEAO représentée par Ellen Johnson Sirleaf et Muhammadu Buhari de s’impliquer dans le problème intérieur Gambien. Le Sénégal, cocorico de la communauté internationale(?) peut chanter à s’égosiller. Yahya Jammeh n’en a cure. 

  

Opposition Immature 

  

Il a le couple Barrow-Tambajang à gérer. Des inaptes politiques qui ont donné un grand coup de frein à la marche de la Gambie qui était si bien parti pour être un modèle non de la démocratie à l’occidental qui ne veut rien dire dans le fond. Mais un pays arrachant une après l’autre les clefs de sa souveraineté aux impérialistes. En définitive, Yahya Jammeh qui a pris le pouvoir d’Etat le 23 Juillet 1994 après que des soldats aient renversé Daouda Kaïraba Diawara, a eu tort de croire au tandem Barrow-Tambajang et autres. Car une opposition qui, à la porte du pouvoir crée des tensions est politiquement immature. 

  

Feumba Samen





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