Législatives à Cocody/ Une 3è femme candidate se déchaîne : « Je vais montrer à Affoussiata et Yasmina qu’une élection n’est pas une nomination »
Source : Autres Presses : Dernière Mise à jour : 14/12/2016
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Candidate indépendante aux élections législatives dans la commune de Cocody, Noëlle Houlé épse Dohoun croit en toutes ses chances d’être la candidate qui va faire la surprise au soir du 18 décembre prochain. Grâce à son travail et à sa proximité d’avec la population, elle entend battre la députée sortante, Yasmina Ouégnin, et Mme la ministre de la Communication, Affoussy Bamba.
Quelles sont les raisons de votre candidature à Cocody ? 

Merci déjà pour l’intérêt que vous portez pour ma candidature. Il faut noter que Cocody est une commune où réside la grande majorité de tous nos dirigeants, c’est-à-dire chefs d’entreprise, ambassadeurs, président de la République ; même les premiers magistrats des autres communes sont résidents de Cocody. Je suis candidate à Cocody pour pouvoir toucher du doigt les questions d’intérêt général puisque depuis un moment je travaille en étroite collaboration avec tous ces dirigeants là.   

Quelle est votre histoire avec la commune de Cocody ? 

Cocody est la première commune qui m’a reçue lorsque j ai fini mes études primaires et secondaires à Man. C’est la commune qui m’a vue me développer et être la dame que je suis aujourd’hui. 

Vous êtes cadre de l’UDPCI, et pourtant vous allez en indépendant. Pourquoi ce choix ? 

Ce qui explique le fait que nous soyons candidate indépendante c’est la proximité d’avec la population, les interpellations des populations qui nous ont demandée de nous porter candidate indépendante parce qu’elles se reconnaissent en nous. 

Pourquoi ne portez-vous pas l’étiquette de l’’UDPCI dans ce cas ? 

Je ne veux pas ici polémiquer sur ce fait. Ce que je veux vous faire comprendre, c’est que le parti a ses convictions, son idéal. Et la population pour laquelle le parti lutte, doit avoir son mot à dire. C’est pour cela que de façon exceptionnelle, pour ces élections, nous sommes candidate indépendante. 

Parlez-nous un peu de la liste ‘’Le choix de l’équilibre’’ que vous conduisez… 

Je suis tête de liste du groupe ‘’Le choix de l’équilibre’’. Nous avons pour slogan ‘’Allons à l’essentiel’’. Je suis en colistière avec le Président Kebou Sylvestre. Nous avons pour suppléants messieurs Agoh Yannick et Akossi Norbert. 

Quelles sont vos chances de gagner ces élections ? 

Effectivement, c’est un facteur qui compte beaucoup. Mais je vais au delà de la chance. C’est le travail du terrain qui me donne cette lueur d’espoir qu’au soir du 18 décembre je serai celle qui passera comme la grosse surprise.  

Qu’est-ce qui va véritablement changer si vous étiez élue ? 

Ce qui va changer, c’est que nous allons d’abord présenter à la population le rôle du député. Ce rôle est méconnu de nos populations. C’est pour cela, lorsque nous serons aux affaires, nous demanderons à l’Etat de mettre à la disposition de Cocody une maison des députés, qui va nous permettre d’être plus proches des populations. La population doit être saisie des actions qui sont menées en leur faveur et de toutes les lois qui seront votées pour elle. Il y a aussi la question du chômage à laquelle nous comptons nous attaquer. Nous avons poussé nos réflexions et nous avons compris que depuis longtemps, nous avons été sur-formés dans nos universités et grandes écoles. Les jeunes ont été sur-formés par rapport à l’offre d’emploi. Ce déséquilibre nous donne aujourd’hui de dire que les jeunes de 25 ans n’arrivent pas à s’insérer dans le tissu socioprofessionnel.  Certains, à plus de 40 ans, se retrouvent encore chez leurs parents. Ce n’est pas normal.  Aujourd’hui, il est temps que la jeunesse retrouve sa dignité, son honneur. L’Etat qui a pour mission, pour devoir de s’occuper de sa population doit pouvoir prendre en compte cette jeunesse qui est laissé-pour-compte en lui mettant à disposition une allocation au premier emploi et au chômage. Au premier emploi pour pouvoir se donner les moyens de présenter des concours, se prendre des tickets de bus et aller aux endroits indiqués pour solliciter un emploi. Deuxièmement nous sommes tous des chômeurs en sursis. Nous devons traiter dans le fond la question du chômage au parlement. Autre combat, c’est que nous trouvons injuste que les fournisseurs soient laissés aussi pour compte et que l’Etat, qui ne respecte pas ses engagements, n’est pas inquiété. L’Etat qui passe des bons de commandes à des fournisseurs qui s’acquittent de leurs tâches et ces factures sont payées six mois plus tard ou bien les délais de paiement ne sont pas respectés. Nous voulons lutter contre ces pratiques là. Si nous voulons lutter contre la corruption, ce secteur là doit être passé au peigne fin en demandant à l’Etat de payer les factures dans le même délai que les livraisons. Nous allons donc réviser le contrat qui va lier et l’Etat et les fournisseurs d’Etat. 

Vous êtes candidate contre une ministre en fonction et la députée sortante, n’avez-vous pas peur ? 

La peur n’a jamais été de mon quotidien. Elles n’ont pas de kalaches. Moi, j’ai des arguments. Ce qui va faire la différence, c’est que ces arguments là, elles en ont déjà disposé et n’en ont rien fait. La peur, je ne la sens ni de près ni de loin. Je pense qu’il ne s’agit pas de nomination mais d’une élection. C’est donc à la population de savoir qui fait son affaire. En tout cas, je n’ai aucun doute qu’au soir du 18 décembre, nous soyons portés à la tête de la députation de Cococdy. 

Comment avez-vous ressenti le limogeage du Président de votre parti, Albert Mabri Toikeusse, du gouvernement? 

Si je me prononce sur cette question, c’est comme si j’étais la candidate de l’UDPCI. Ce qui n’est pas le cas. Je veux repréciser les choses. Moi je veux servir la population. Souffrez que je ne dise rien à propos de cette question parce que ce n’est pas l’objet de mon combat à ce jour. 

Recevez-vous des pressions à cause de votre candidature indépendante ? 

Je reçois des pressions tous les jours. Mais laissez-moi vous dire que quand le peuple qui donne le pouvoir, se donne les moyens de le restituer à qui il veut, ces pressions, pour moi, peuvent ne pas avoir de sens. Parce qu’il n’est pas question de nomination. Le président de la République a son pouvoir de nommer qui il veut quand il le veut. Mais lorsqu’il s’agit d’un posté électif, il faut faire parler la démocratie. Moi je pense que ma présence sur cette arène législative, est celle de faire parler la démocratie ; c’est celle de matérialiser le fait de donner le pouvoir au peuple. 

Quel commentaire faites-vous du taux de femmes à ces élections qui est de 12% ? 

Effectivement, ce pourcentage est loin des objectifs fixés concernant le taux de parité. Je pense que les femmes sont animées de bonne volonté ; elles sont déterminées à faire ce que tout le monde attend d’elles. Mais je pense pour ma part qu’il y a un problème de communication. Certaines femmes n’ont pas accès à certaines informations ; ce qui fait qu’elles ne se sentent pas souvent concernées par ces moments décisifs de la vie politique. La volonté ne se suscite pas. Elle doit se faire sentir de la personne elle-même. Nous sommes déjà dans l’arène ; nous espérons être citées en exemple afin d’inciter d’autres femmes à s’intéresser  davantage à la gestion politique. 

Si vous n’étiez pas élue au soir du 18 décembre, que feriez-vous ? 

Ne pas être élu serait irréaliste. Mais ma réaction sera celle de féliciter celle ou celui qui aura recueilli l’assentiment de la population. L’élection, ce n’est pas la guerre. Ce n’est pas je gagne ou je gagne. Je gagne pour quelle que chose ou je perds pour autre chose et je me remets en cause pour les prochaines échéances. Mais moi, je veux inviter la population à s’approprier l’image d’un vrai leader. Je veux être celle qui incarne les valeurs recherchées par la population. Ces valeurs sont celle de la solidarité, de l’altruisme, de la fraternité, de l’union, de la cohésion. 

Quelle est votre adresse aux populations  à quelques jours du scrutin législatif ? 

Je voudrais simplement dire à la population qu’elle a été témoin du mandat de certains députés. C’est à elle de savoir si ces députés qui les ont servis, l’ont-ils fait avec sincérité  ou si elle est disposée à s’octroyer une nouvelle opportunité et à entamer une nouvelle aventure. Je voudrais demander à la population de sortir massivement pour exprimer son indépendance, son choix à ces élections. Je suis la candidate de la rupture certes mais la candidate qui vient tourner une ancienne page.  Faites-moi confiance. 

  

Propos recueillis par David YALA





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