Ghana: Disparition du président Mills Les circonstances d'une mort brutale
Source : L'Inter : Dernière Mise à jour : 25/07/2012 (Auteur : Charles d’Almeida )
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Le président ghanéen John Atta Mills est subitement décédé hier mardi 24 mars à l'hôpital militaire d' Accra. On ne le savait pas malade, même s'il avait récemment effectué un « bilan de santé de routine » aux Etats Unis.
De quoi est mort le président Ghanéen au pouvoir depuis 2009 ? Cette question reste pour l'instant sans réponse et pourrait demeurer longtemps un mystère comme ce fut le cas de nombre de leaders du continent dont on n'a jamais su exactement le mal qui les a emportés. Des sources dignes de foi avancent cependant que John Atta Mills souffrait depuis quelques temps d’un cancer de la gorge, mais à dessein, son entourage n'a pas voulu communiquer sur son état de santé.

En effet, à quelques mois des échéances électorales, les  révélations sur la maladie du président, candidat à sa propre succession, pourraient de facto entraîner sa mise à l'écart à la demande du parlement.  C'est en se rendant en campagne dans le nord du pays, qu'il aurait piqué une crise. Evacué d'urgence à l'hôpital militaire de la capitale, les médecins n'ont pas pu le sauver. C'est un communiqué laconique de la présidence ghanéenne qui a annoncé l'épouvantable nouvelle : « C'est avec le cœur lourd que nous annonçons la mort brusque et prématurée du président de la République du Ghana. », disait le communiqué. John Atta Mills, 68 ans qui a succédé à John Kufuor fin 2008 et dont le mandat s'achève en  décembre prochain, a déjà été désigné par son parti, le National Democratic Congress, (NDC) pour être son candidat.

La mort brutale du président Mills brise les espoirs de ses partisans, cependant conformément à la Constitution, son intérim sera assuré par un de ses proches notamment son vice-président John Dramani Mahama. Le président qui brigue un deuxième mandat à la tête de l'Etat, a t-il préparé sa succession, à savoir celui qui va porter l'étendard du parti au terme de son éventuel deuxième mandat en 2016 ? Ce n'est pas évident, et ceci pourrait entraîner une farouche lutte pour sa succession au sein même de la NDC. Chez le voisin ivoirien, la nouvelle du décès du président Mills s'est vite répandue. Le défunt chef de l'Etat entretenait de bonnes relations avec l'ex- président Laurent Gbagbo. Lorsque la Cedeao avait décidé à l'issue des présidentielles d'octobre et novembre 2010 d'utiliser la force pour obliger celui-ci à céder le pouvoir à son rival l'actuel président Alassane Ouattara déclaré vainqueur, John Atta Mills a été l'un des rares chefs d'Etat de la sous- région à refuser d'envoyer des troupes pour une telle mission.

A la chute de Laurent Gbagbo en avril 2011, c'est tout naturellement donc que nombre de ses ministres, officiers de son régime, sans compter des centaines de ses sympathisants, ont choisi le Ghana comme terre d'exil. Mais la généreuse hospitalité ghanéenne, finira par inquiéter les nouvelles autorités ivoiriennes. Abidjan qui ne l'a jamais dit officiellement, soupçonnait les autorités ghanéennes de complicité passive face aux manoeuvres avérées ou fausses de déstabilisation auxquelles se livreraient les pro- Gbagbo en exil.

Les séjours du président Ouattara, puis de son ministre de l'Intérieur Hamed Bakayoko, à Accra, auront juste eu pour effet de faire taire quelque peu les plus loquaces des proches de l'ancien président ivoiriens comme son ancien ministre du budget et porte- parole en exil, Justin Katinan Koné, désormais astreint à une stricte  obligation de réserve. Mais jusqu'à sa mort soudaine ce mardi 24 juillet 2012, Mills n'aura pas offert à Ouattara « ce beau cadeau » qu'il a par contre reçu de Faure Gnassingbé, son homologue togolais, à savoir  l'exécution des mandats d'arrêt internationaux émis par Abidjan à l'encontre de plusieurs dignitaires de l'ancien régime.

Le 6 juin dernier en effet, Moïse Lida Kouassi, un ancien ministre de la Défense de Laurent Gbagbo exilé au Togo, débarquait à Abidjan,  l'air hagard et menotté, d'un vol spécial en provenance de Lomé. La disparition du président ghanéen pourrait jeter un véritable émoi dans les rangs des exilés ivoiriens pour qui, il était un protecteur sûr.

 

Charles d'Almeida





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