Tout d’abord, il faut rendre hommage aux différents mouvements de résistance dont l’élan de mobilisation reste intarissable. Nous dirons que notre volonté est que Monsieur Alassane Dramane Ouattara ne soit pas reçu par François Hollande. Cela est pour le principe. Mais il a été reçu. Nous observons que c’est quand même, après Mamane Issoufou, Macky Sall, Ali Bongo … et autres. Or dans le protocole, le président de la CEDEAO devrait être reçu plus tôt. Ce qui est un signal non négligeable à l’endroit de Monsieur Ouattara de la part du locataire de l’Elysée. En tout état de cause, il fallait bien que le Président français parle au chef de l’Etat ivoirien, dans un cadre. Le communiqué de l’Elysée déclare que : « La situation intérieure ivoirienne et le soutien de la France au processus de réconciliation et de reconstruction ont également été évoqués. Le Président de la République a salué l'implication personnelle du Président ivoirien dans la restauration de la sécurité sur l'ensemble du territoire ainsi que dans la réforme de l'armée. Il a évoqué avec son homologue la question de la réconciliation nécessaire entre les Ivoiriens, qui passe par le dialogue, la lutte contre l'impunité et la justice. A cet égard, le renforcement de l'Etat de droit et du système judiciaire en Côte d'Ivoire fera aussi partie des priorités de la coopération bilatérale. » Les termes vont dans le sens de ce que nous demandons depuis plusieurs mois. Mais nous ne saurions nous contenter de mots. Surtout que l’hôte de François Hollande est un grand fidèle de la duplicité. Plus grave est qu’il a intégré le « rattrapage ethnique » dans son mode de gouvernance. Que veut dire « rattrapage ethnique ? Est-ce éliminer toutes les autres composantes ethniques en dehors des ressortissants du Nord de la Côte d’Ivoire ? Est-ce décimer les autres ethnies et repeupler la Côte d’Ivoire par d’autres peuples ? Ce qui vient de se passer à Duékoué ne peut pas se contenter des déclarations de l’Elysée. Les promesses de Monsieur Ouattara n’engagent que lui. Il nous faut poursuivre la mobilisation pour que notre Côte d’Ivoire soit vivable par tous et pour tous !
Claude KOUDOU, Enseignant-Ecrivain, Président de l’ONG « Convergences pour la Paix et le Développement de l’Afrique », Directeur de la Collection « Afrique Liberté »