Frais d’inscription exorbitants à l’Université 6.000 Fcfa sous Gbagbo, 100.000 Fcfa sous Ouattara Ouattara, un danger pour la jeunesse ivoirienne
Source :  Le Temps : Dernière Mise à jour : 27/07/2012 (Auteur : K. Kouassi Maurice)
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Au mépris de la mission de l’Ecole publique, le régime obscurantiste de Ouattara demande aux étudiants de l’université publique de Côte d’Ivoire de payer des frais d’inscription exorbitants, pour la réouverture de cette institution qu’il maintient fermée depuis un an.
Dans quelles absurdités le régime obscurantiste en place ne nous entraînera-t-il pas, pour nous montrer qu’il se situe loin des préoccupations réelles du peuple ? Les autorités en charge de l’enseignement supérieur ont décidé de fixer, pour la rentrée universitaire 2013-2014, les frais d’inscription dans l’université publique à 100 mille Fcfa (de la 1e année à la Licence), 200 mille F.cfa (pour l’année de Maîtrise) et 300 mille à partir du Dea. Alors que sous le Président Gbagbo, ces frais d’inscription n’étaient que de 6.000 Fcfa à l’université. C’est à croire que Ouattara n’est pas en Côte d’Ivoire pour vivre les réalités d’une population appauvrie par 10 années d’une guerre que sa rébellion a installée dans la moitié Nord du pays depuis 2002, dans le but de lui permettre d’accéder au pouvoir. Vraisemblablement, le mentor du Rdr semble ignorer la mission de l’Ecole publique basée sur le principe de la gratuité. Peut-être faut-il le lui rappeler. L’Ecole publique ivoirienne, au sens large (primaire, secondaire et supérieure) où elle comprend aussi l’université, étant fondée sur le même principe que l’Ecole publique de l’ex-puissance coloniale, la France, rappelons avec les mots de Guy Bruit, à attention de Ouattara, que : «L’école publique est l’école dont le fonctionnement est assuré par l’Etat républicain ; elle accueille tous les enfants en âge d’être scolarisés, vivant sur le territoire français, sans distinction de sexe, de religion, de classe sociale, d’origine ethnique; elle leur ouvre l’accès à l’instruction générale. Son rôle est également civique puisque, laïque…».

Le principe de «l’égalité des enfants» (des étudiants à l’université)

En France, c’est le théoricien Ferry Jules qui, dès 1877, entreprit avec d’autres intellectuels, d’instituer «une Ecole publique fondée sur trois idées simples : l’égalité des enfants ; le droit des enfants à l’instruction ; le devoir de l’Etat de donner accès à l’instruction à tous les enfants. Pour que les enfants soient à égalité, l’école doit être totalement gratuite, et c’est la loi du 16 juin 1881. Mais comme la gratuité n’assurera pas la fréquentation de l’école, il faut que celleci soit obligatoire, et c’est la loi du 28 mars 1882 : obligation est faite au père de famille d’envoyer ses enfants à l’école de 7 à 13 ans». Voilà les grands et nobles principes de l’Ecole publique que le régime Ouattara n’a pas appris. Au point que le ministre Cissé Bacongo ignore le principe de «l’égalité des enfants» (des étudiants à l’université). un principe qui, pour concourir à donner la même chance à tous devant l’instruction, s’appuie sur la gratuité de l’Ecole et donc de l’université publique. L’objectif de cette noble idée étant de faire en sorte que les enfants des classes pauvres ne soient pas défavorisés par rapport à ceux des classes riches. Ce donc pourquoi l’Ecole publique n’a pas un caractère onéreux. C’est qui explique donc que les frais d’inscription, qui ne sont certes pas des frais d’écolage, sont fixés à un niveau accessible aux classes démunies. Et c’est là tout le problème que posent les nouveaux montants imposés par Ouattara. On passe de 6 000 F.cfa à 100, 200, 300 mille F.cfa en fonction des cycles à l’université. Dans le contexte actuel de pauvreté généralisée, où les parents démunis trouveront-ils ces montants pour permettre à leurs enfants de s’inscrire à l’université ? Qui plus est, au sortir d’une crise qui, à vrai dire, n’a pas encore pris fin et qui a réduit en lambeau le pouvoir d’achat des populations ? En fait, en fixant ces taux exorbitants, Ouattara veut exclure les enfants de pauvres de cette institution qu’il a toujours rêvé de «privatiser ». Privatiser. Le seul verbe qu’il sache vraiment conjuguer en économie. Le mentor du Rdr veut faire en sorte que les enfants des familles démunies n’aient plus accès à l’enseignement supérieur public. Car pour la plupart des familles endeuillées de Côte d’Ivoire, 100 mille Fcfa, a fortiori 200 et 300 mille Fcfa sont hors de portée, pour de simples droits d’inscription. Dans un pays où en dépit des déclarations du pouvoir en place, le Smg pratiqué est en fait de 35 mille F.cfa. Quand le peuple continue de vivre sous le seuil de pauvreté. Mais, nous l’avons démontré, Ouattara à qui Sarkozy n’a, hélas, pas pris le temps d’expliquer la mission de l’Ecole publique française dont l’Ecole publique ivoirienne est héritière, la méconnaît au plus haut point. Désormais, les enfants des riches et des pauvres n’ont plus les mêmes chances d’entrer à l’université, au regard des montants des frais d’inscription.

«Etat Ouattara» et obscurantisme

Ouattara nie donc à l’école publique sa mission sociale. Il veut faire de l’université une institution à but lucratif, une véritable régie financière pour alimenter les caisses de sa dictature. Pour le régime en place, l’université publique n’est plus qu’un vulgaire moyen d’amasser le plein d’argent sur le dos des pauvres. Sous Ouattara, les barrières de la «classe sociale» que l’Ecole publique a instituées pour effacer les disparités se trouvent au contraire renforcées. Dans l’«Etat Ouattara», la classe sociale devient un facteur déterminant pour avoir accès à L’université publique. Mais si nous sommes choqués par cette mesure inadmissible sur laquelle le gouvernement doit absolument revenir, nous ne sommes pas surpris par l’attitude de Ouattara. L’homme qui est à l’origine des distorsions qui ont déréglé l’Ecole, dans son ensemble, en Côte d’Ivoire depuis 1993. Ouattara, alors Premier ministre d’Houphouët Boigny, chargé d’appliquer un Plan d’ajustement structurel, a «privatisé», tous les secteurs stratégiques de l’économie ivoirienne. L’énergie, les mines, les télécommunications… bradés à un franc symbolique, le banquier s’est acharné à prendre les mesures anti sociales qui ont marqué de façon dramatique le peuple ivoirien. Des vagues de licenciements en masse ont eu lieu dans la Fonction publique. Pendant que l’Ecole était aussi frappée. Ouattara a pris la malheureuse mesure de décrochage qui a consisté à réduire de moitié les salaires des nouveaux enseignants en 1990. Instaurant un salaire à double vitesse qui a entraîné une fuite des cerveaux consécutive à un désintérêt des jeunes diplômés pour ce métier. Puis il a supprimé tous les avantages sociaux qui permettaient aux étudiants issus de familles pauvres d’étudier dans les meilleures conditions. En effet, en 1990, le Premier ministre Ouattara a supprimé la gratuité du transport pour les étudiants, réduit considérablement l’enveloppe allouée aux bourses et aux aides. Et élaboré un plan de privatisation des résidences universitaires qu’il projette de vendre à des groupes privés. Pour que les chambres soient louées aux étudiants issus des familles les plus nanties. Près de 20 ans après, Ouattara remet son projet sur la table, sous une forme plus sournoise. Dans un premier temps à travers les frais d’inscription, avant de s’attaquer certainement au Cités «u» où les chambres risquent de coûter désormais une fortune, si elles venaient à être ouvertes. On le voit donc, pour cette obscure tyrannie qui opprime le peuple ivoirien, peu importe l’instruction,
l’éducation et la formation des cadres de demain. Il n’a que faire du sort de l’élite de demain, avenir du pays. Le régime dictatorial de Ouattara veut réduire la jeunesse ivoirienne à l’analphabétisme, voire à l’ignorance. Dans une République aux mains de désœuvrés déguisés en Frci et de chasseurs traditionnels Dozos qui occupent, depuis le 11 avril 2011, les résidences universitaires, après en avoir chassé les étudiants. Voila la vision de Ouattara pour l’université publique. Une vision à la limite de la prédation. Pour le régime en place, l’Ecole n’est bonne que pour se faire de l’argent. Et c’est le désarroi pour le peuple au moment où certains s’attendaient à
ce que Ouattara «La Solution» soulage les étudiants en supprimant purement et simplement les frais d’inscription pour cette année à l’université, en raison de la crise qui a plongé les populations dans la pauvreté. Sos pour l’élite ivoirienne de demain. Le savoir est en danger. Sos pour la République, un Etat, une nation en grand péril, sous Ouattara et ses alliés dont les enfants sont en Europe ou aux Etats unis !
K. Kouassi Maurice
koisymaurice@yahoo.fr





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