Attaque en CI: Selon RFI un Rapport de l'ONU accuse les Pro-Gbagbo. Bernard Houdain repond
Source : Telediaspora.net : Dernière Mise à jour : 07/10/2012
Lu : 3423 fois
Ce samedi 6 octobre 2012, à l’antenne,  le journaliste Cyril Bensimon évoque un rapport d’un « groupe d’experts » de l’ONU que RFI se serait « procuré » et qui dénonce les agissements des « pro-Gbagbo » dans la résurgence des violences en Côte d’ivoire.
L’ensemble des faits décrits dans ce rapport pourraient prêter à sourire si, derrière ces « révélations » ne se profilait pas une manipulation grossière qui ne résiste pas à la plus simple analyse. Et, à ce niveau, de deux choses l’une : ou bien ce « rapport » est effectivement issu d’une enquête de l’ONU et cette organisation se rend coupable d’une action unilatérale de désinformation, ou bien il est le fruit d’un travail « parallèle » et il faut, dès lors, chercher à qui « profite le crime ».
1/ Le « tempo » du rapport :
Le « rapport » fait état de réunions en juin et juillet ce qui « date » une origine déjà ancienne et permet de supposer, comme c’est quasiment toujours le cas dans une organisation aussi lourde que l’ONU, que des responsables de haut niveau, concernés au premier chef par la situation de la Côte d’ivoire, aient eu à en connaitre à un moment où à un autre. Bizarrement la direction l’ONUCI à Abidjan n’avait « jamais entendu parler » d’un tel « rapport » !
Or il fait référence, entre autres, à l’attaque du camp d’Akouedo sur laquelle, justement, l’ONUCI, dans sa propre enquête interne, tourne ses regards vers des factions « divergentes » du pouvoir en place à Abidjan.
RFI s’est « procuré » (sic) le « rapport » à quelques jours de la réunion du Conseil de Sécurité ! Cela fait dix ans maintenant que la Côte d’Ivoire, et ses habitants, sont les victimes de manipulations et de forfaitures trop souvent avalisées par « la communauté internationale », à travers ses représentations. Ce « rapport » semble en être le dernier avatar.
2/ les « révélations » du rapport :
Les « pro-Gbagbo » ont rencontré, à Bamako, les dirigeants de la junte, dont le capitaine Sanogo d’une part, et des responsables d’Ansar Dine d’autre part. Qui sont ces « pro-Gbagbo » qui agiraient sous le contrôle de Damana Pickass ?
Le « rapport » cite, pêle-mêle, une liste de noms de « pro-Gbagbo » qui seraient à la manœuvre pour déstabiliser le pouvoir de Ouattara.
 
3/ l’épreuve des faits :
A la fois le tempo et les révélations du « rapport » font apparaitre, en filigrane, la tentative, grossière, de manipulation.
Les révélations d’abord : quiconque qui s’intéresse à la situation malienne sait que le capitaine Sanogo a été instrumentalisé, dès l’origine du Coup d’Etat à Bamako, par le président du Burkina-Faso qui entretient, dans le même temps, des rapports « inavouables » avec la mouvance islamique du Nord-Mali et, principalement, avec Ansar Dine. Donc, si l’on arrive, difficilement, à suivre le « rapport », les « pro-Gbagbo » viendraient au Mali rechercher l’appui des obligés de celui qui a « facilité » la déstabilisation de la Côte d’Ivoire depuis dix ans (au moins) !
Quiconque qui s’intéresse à la situation des exilés « pro-Gbagbo » ne peut que sourire à la lecture de la liste évoquée dans le « rapport » car elle additionne, sans autre forme de procès, des personnalités qui, dans le contexte actuel, n’ont que peu, ou pas, de relations entre elles !
Le tempo ensuite : comment ne pas s’interroger, nous l’avons évoqué plus haut, sur la concordance des dates entre le « scoop » de RFI, canal « historique » de la désinformation en Côte d’Ivoire et la réunion à venir du Conseil de Sécurité ?
4/ a qui « profite le crime » :
Quid des acteurs principaux, éventuellement concernés ?
- Alassane Ouattara s’enferme, chaque jour un peu plus, dans une « bunkérisation des esprits », en espérant  « survivre » par une politique « tout-sécuritaire » : chasse aux opposants, atteintes quotidiennes aux libertés fondamentales, procès « politiques » au relent de déjà-vu dans l’Histoire des dictatures, etc…
-Guillaume Soro, « exilé » à l’Assemblée Nationale, rongé par la perspective d’être envoyé à la CPI pour y être le « pendant » du président Gbagbo dans l’esprit de certains milieux occidentaux, est « condamné » à justifier sa position dans l’échiquier ivoirien en faisant comprendre qu’il est « incontournable » dans le contexte actuel.
-Laurent Gbagbo, enfermé depuis le 11 avril 2011 et extradé à La Haye depuis 10 mois, et qui continue, à travers ses canaux officiels à prôner une solution politique en Côte d’Ivoire, dans l’intérêt de toutes les ivoiriennes et de tous les ivoiriens, apparait chaque jour un peu plus, comme un acteur majeur, indispensable à la réussite d’une réconciliation nécessaire de tous les ivoiriens en s’inspirant de son mot d’ordre historique : « asseyons nous et discutons » !
Dans ces conditions seuls Ouattara et/ou Soro ont un intérêt à ce genre de « révélations » et, compte tenu de la nature de celles-ci, en particulier sur » l’attaque » d’Akouedo, il semblerait que l’actuel titulaire du Perchoir à l’Assemblée Nationale soit le « bénéficiaire » principal d’une telle manœuvre.
Cette nouvelle affaire démontre que la Côte d’ivoire est toujours prisonnière de clans prêts à toutes les compromissions pour se maintenir au pouvoir. Dans le même temps, le président Gbagbo, et tous ceux qui sont réellement soucieux de suivre sa ligne politique, sont fermement engagés dans la recherche d’une solution politique pérenne ce qui sous entend le rejet systématique et permanent d’une quelconque aventure subversive qui serait sans avenir pour le futur du pays.
 
Le 6 octobre 2012-10-06
Bernard Houdin
Conseiller Spécial du président Laurent Gbagbo
Représentant du Porte-parole Europe/Amérique
 
 
 
 
« RAPPORT DE L’ONU »
Information exclusive : RFI a pu se procurer un rapport confidentiel du groupe d'experts des Nations Unies sur la Côte d'Ivoire. Celui-ci doit être débattu, dans les prochains jours, au Conseil de sécurité de l'ONU. Ce rapport intermédiaire de 26 pages est explosif tant il paraît accablant pour les leaders pro-Gbagbo en exil en Afrique de l'Ouest.
Les enquêteurs des Nations unies ne dédouanent pas les autorités ivoiriennes de certaines violations de l'embargo comme, par exemple, des munitions vendues au Burkina Faso et qui avaient pour destination finale la Côte d'Ivoire. Abidjan a aussi importé des équipements radio, des couteaux de combat et des uniformes, sans avertir le comité de sanctions.
Le rapport dénonce un complot de la part des pro-Gbagbo
Cependant, c'est surtout pour les leaders pro-Gbagbo, en exil en Afrique de l'Ouest, que ce rapport est accablant. Ceux-ci clament régulièrement que la lutte armée ne fait pas partie de leur philosophie et pourtant, d'après les cinq experts de l'ONU, plusieurs dignitaires de l'ancien régime continuent d'organiser la déstabilisation de la Côte d'Ivoire.
Ainsi, on peut lire dans ce document que, le 12 juillet dernier, une réunion s'est tenue à Takoradi, au Ghana, où trois groupes d'exilés -composés, chacun, de militaires et de civils- ont décidé d'unir leur force et de définir ensemble une stratégie pour reprendre le pouvoir à Abidjan. Ainsi (sans que cela soit exhaustif), l'ex-directeur du port d'Abidjan, Marcel Gossio, le pasteur Moïse Koré, Charles Blé Goudé, Justin Koné Katinan ou encore la seconde épouse de Laurent Gbagbo, Nady Bamba, soutiendraient politiquement et financièrement les opérations armées menées depuis le Ghana et le Liberia.
Des rapprochements inattendus
Plus étonnant encore, toujours selon ce rapport, une connexion a été établie ces derniers mois entre ces exilés ivoiriens et la junte malienne, mais aussi avec les jihadistes d'Ansar Dine. L'objectif des militaires et des islamistes maliens étant de compromettre, à tout prix, les actions de la Cédéao et de son président en exercice, afin de stabiliser le Mali.
Un ennemi commun peut susciter des rapprochements inattendus : voilà l'une des observations que l'on peut tirer de la lecture de ce rapport. Selon les informations des experts des Nations unies, fin juin 2012 s'est tenue, dans un camp militaire de Bamako, une réunion entre cinq membres de la junte malienne -dont le capitaine Sanogo- et deux envoyés de Damana Pickass - un leader de la galaxie patriotique ivoirienne aujourd'hui réfugié au Ghana.
Durant cette rencontre, les militaires maliens auraient souligné à leurs deux visiteurs -le lieutenant Diby, plus connu sous le nom de « Sandokan », et un certain Monsieur Fofana- leur intérêt à soutenir des opérations de déstabilisation qui compromettraient les efforts de la Cédéao et de son président en exercice -en l'occurrence, le président ivoirien Alassane Ouattara.
Pro-Gbagbo, la junte malienne et Ansar Dine
Plus surprenant encore, ces deux Ivoiriens ont, selon les enquêteurs de l'ONU, rencontré un représentant des islamistes d'Ansar Dine à la frontière entre la Mauritanie et le Sénégal. Objet de la discussion : la mise en œuvre d'une possible coopération future -notamment via la mobilisation de mercenaires- en vue de menacer la paix et la sécurité dans la sous-région. A ce sujet, des SMS interceptés en août -trois jours après l'attaque du camp d'Akouedo- sont éloquents.
Un homme, qui a manifestement combattu pour l'accession au pouvoir d'Alassane Ouattara avant de rallier l'opposition armée, fait ici état d'un nouveau genre d'action militaire des forces islamiques et touaregs. Celui-ci évoque notamment une rencontre discrète entre un mystérieux colonel ivoirien et des jihadistes.
SOURCE RFI.FR




Notez cet article :
1
2
3
4
5

 Envoyer cet article à un ami
 Articles du même auteur >>