Mandat d’arrêt contre Simone Gbagbo : La Cpi poursuit sa justice sélective
Source : Notre voie : Dernière Mise à jour : 23/11/2012
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La cour pénale internationale (Cpi) a rendu public hier, jeudi, un mandat d’arrêt qu’elle a émis depuis février dernier contre Simone Ehivet Gbagbo, ancienne Première dame de Côte d’Ivoire. «Le 22 novembre 2012, la Chambre préliminaire I de la Cour pénale internationale (CPI) a levé les scellés sur un mandat d’arrêt émis à l’encontre de Simone Gbagbo pour quatre chefs de crimes contre l’humanité. Selon le mandat d’arrêt, initialement délivré sous scellés le 29 février 2012, Mme Gbagbo serait pénalement responsable, au sens de l’article 25-3-a du Statut de Rome, de crimes contre l’humanité ayant pris la forme de meurtres, de viols et d’autres formes de violences sexuelles, d’autres actes inhumains et d’actes de persécution, commis sur le territoire de la Côte d’Ivoire entre le 16 décembre 2010 et le 12 avril 2011 », indique un communiqué de la Cpi. Cette annonce tombe juste 24h après une audience huis clos que le Cpi a consacrée à la situation en Côte d’Ivoire, le mercredi dernier. Ce qui laisse croire que cette audience était destinée à autoriser la publication dudit mandat d’arrêt. Un grand mystère couvre cependant les raisons pour lesquelles c’est seulement maintenant que la Cpi lève les scellés sur un mandat d’arrêt émis depuis le 29 février 2012. Il y a quelques jours, l’ex-chef rebelle et actuel président de l’assemblée nationale, Guillaume Soro Kigbafori, soutenait dans une interview que le régime d’Abidjan avait transmis le dossier Simone Gbagbo à la Cpi. Alors que celle-ci est poursuivie au plan national pour divers crimes de sang et même de génocide. Arrêtée le 11 avril 2011, en même temps, que son époux, Mme Gbagbo est gardée depuis lors à Odienné dans le nord-ouest de la Côte d’Ivoire où elle n’a reçu de temps en temps que la visite de ses sœurs en dehors de celles de ses avocats.
Justice des vainqueurs
Avec son arrestation, on peut le dire, la Cpi qui est censée être une justice équitable s’est résolument inscrite dans la justice des vainqueurs pratiquée déjà par le régime ivoirien depuis son installation en avril 2011. Politique qui est régulièrement dénoncée par les organisations de défense des droits de l’homme. Que faut-il vraiment attendre d’une juridiction qui se met en branle parce que des mausolées sont saccagés au nord Mali, mais qui devient aphone quand un massacre de grande ampleur se produit à Duékoué ou quand dans la même ville, des déplacés vivant dans un camp gardé par les Nations unies sont massacrés ? La question est maintenant de savoir si le régime ivoirien va se précipiter pour livrer Simone Gbagbo à la Cpi comme il l’avait fait pour Laurent Gbagbo, le 29 novembre 2011. Il y a quelques mois, M. Ouattara soutenait qu’il souhaitait que Mme Simone Gbagbo soit jugée en Côte d’Ivoire. Est-il prêt à engager un bras de fer avec la Cpi pour cela ? Ou est-ce juste un jeu de rôles? Qui vivra verra.
Augustin Kouyo 





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