Transfèrement de Simone Gbagbo à la CPI, Ouattara « pas très chaud » Ce qu’il confiait à des journalistes à Paris
Source :  Soir Info : Dernière Mise à jour : 24/11/2012
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Les autorités ivoiriennes consentiront-elles à livrer Simone Ehivet Gbagbo à la Cour pénale internationale ? La question a tout son sens.
Elle a surtout un début de réponse. Alassane Ouattara ne serait « pas très chaud » pour remettre l’ex-première dame à la Cour après que celle-ci a rendu public un mandat d’arrêt visant précisément Simone Gbagbo. Ouattara n`est « pas très chaud » pour répondre favorablement à la demande de la Cpi, croit savoir l’Agence France presse qui, dans une dépêche, rapporte une confidence d’un proche du président ivoirien.

Aucun motif d’étonnement. Alassane Ouattara avait, en début d’année, confié à des journalistes français qu’après le cas Laurent Gbagbo, il préférait que la « justice soit rendue en Côte d’Ivoire » en cas de nouvelles poursuites. A Paris au mois de janvier, dans le cadre d’une visite d’Etat, Ouattara avait accordé une série d’interviews dont une à des journalistes de France 24 et Radio France internationale. Il était demandé à l’ancien Dga du Fonds monétaire international si « les gros poissons », dans le cadre de la crise post-électorale, seraient jugés à La Haye et les « petits poissons » traduits devant les tribunaux ivoiriens. Alassane Ouattara a, ainsi, répondu : « Je ne suis pas dans une situation où je veux anticiper sur ce qui va se passer. Une chose est certaine, nous allons examiner ces cas. Je préfère que la justice soit rendue en Côte d’Ivoire. Nous n’en avions pas les moyens. Et si dans quelques semaines, dans quelques mois, nous en avons les moyens, nous préférerons juger les uns et les autres en Côte d’Ivoire ». Le propos du chef de l’Etat a laissé croire à ses interviewers que l’ancien président Laurent Gbagbo avait été remis à la Cpi parce que la Côte d’Ivoire ne disposait pas de « moyens » de le juger sur place. Alassane Ouattara devait faire cette précision : « Laurent Gbagbo, c’est autre chose. Quelle qu’aurait été notre décision, nous aurions été accusés de ne pas avoir une justice impartiale. La Cour pénale internationale est une cour indépendante. C’est que la justice est totalement impartiale. J’ai préféré pour ma part remettre ce cas entre les mains de la Cour pénale internationale. Pour les autres, nous sommes en train d’examiner la question ».

Le cas Simone Gbagbo n’est certainement pas encore tranché. Et la réaction du garde des sceaux, ministre de la justice, Gnénéma Mamadou Coulibaly, est, à dessein circonspecte : « Nous prenons acte de cette demande (de transfèrement de Simone Gbagbo à la Cpi) et au moment opportun, nous allons vous donner la position officielle du gouvernement ». (in Soir info du 23 novembre 2012).

L’ex-première dame, en résidence surveillée à Odienné, est soupçonnée de « meurtres, de viols et d’autres formes de violences sexuelles, d’autres actes inhumains et d’actes de persécution » commis sur le territoire ivoirien entre le 16 décembre 2010 et le 12 avril 2011. « Simone Gbagbo était idéologiquement et professionnellement très proche de son mari », note la Cpi, dans le mandat d’arrêt, ajoutant qu’elle « a participé à toutes les réunions tenues pendant la période considérée ». « Bien que n’étant pas élue, elle se comportait en alter ego de son mari, en exerçant le pouvoir de prendre les décisions d’Etat », poursuit la même source.

Aussitôt que le mandat d’arrêt contre la deuxième vice-présidente du Fpi a été rendu public, la procureure de la Cpi, Fatou Bensouda, a exhorté les autorités ivoiriennes à « coopérer pleinement » en remettant Simone Gbagbo à la Cour. Les autorités se plieront-elles à cette injonction ? Y a-t-il un piège à céder ou à ne pas céder puisque de prochains mandats d’arrêt sont à envisager contre des personnalités probablement proches du régime d’Abidjan ? Les jours à venir nous situeront.

 

Kisselminan COULIBALY




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