Situation post-crise: Des ex-combattants réclament leur dû au régime Ouattara Ce qui leur avait été promis Le Gal Bakayoko et Soro cités, plusieurs personnalités saisies
Source : L'Inter : Dernière Mise à jour : 28/01/2013
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Encore des voix qui s’élèvent dans l’ombre. Des ex-combattants ( ?) mécontents, qui ont choisi notre canal pour se faire entendre. Ils se présentent comme des oubliés des lendemains de la crise post-électorale qui a permis au président Ouattara de s’installer au pouvoir. Ils réclament la tenue de promesses à eux faites avant ces événements et brandissent la menace. Faut-il prendre au sérieux la déclaration qu’ils nous ont fait parvenir, la banaliser ou la publier ? La 2ème voie semble la meilleure. D’où la publication du texte reçu, ci-dessous, en intégralité.
«Je suis ‘’Sinaï’’, capitaine de la gendarmerie nationale. Je parle au nom des coordinateurs que sont : ‘’Albatross’’, ‘’Aigles’’, ‘’Calao’’, ‘’Tifon’’, ‘’Scorpion’’, ‘’Venus’’ et ‘’Santor’’. Tous ex-Fanci, gendarmes, policiers, et oubliés de l'Efa de Bouaké. Ivoiriens et Etrangers vivant en Côte d'Ivoire, nous voulons par cette déclaration vous dire la vérité sur certaines choses qui, si l’on n’y prend garde, peuvent plonger le pays dans des troubles armés, voire conduire le pays dans le chaos. Je sais que, après lecture, chacun fera son commentaire, certains diront peut-être qu'on est inconscients parce que nous ne nous soucions pas de la souffrance des Ivoiriens d'autres diront au contraire que c'est le gouvernement qui ne se soucie pas de la souffrance de la population. Voici pourquoi nous écrivons.

Nous allons vous dire le rôle que nous avions joué pour le régime en place pendant la crise post-électorale. Alors si après cette sortie, le régime ne réagit pas, nous ferons dans notre prochaine déclaration, les plus graves révélations secrètes jamais dites aux Ivoiriens. Pour que le monde entier sache que tous, sommes coupables en Côte d'Ivoire. Nous ne faisons pas cela par rapport à la crise malienne, cet écrit était en préparation avant le déclenchement de la guerre au Mali.

Voici comment les choses se sont passées. Après le retranchement du RHDP au Golf Hôtel, prêt pour la bataille contre le régime du président Gbagbo, le gouvernement a initié le recrutement de jeunes Ivoiriens résidant à Abidjan comme mercenaires pour une formation accélérée à Bouaké en vue de combattre le régime du président Gbagbo. Les organisateurs étaient l'actuel président de l'Assemblée nationale Guillaume Soro, le chef d'Etat major Soumaïla Bakayoko, le Général Gueu Michel, Traoré Salif dit ‘’Tracteur’’, anciennement agent de sécurité à la Banque africaine de développement (BAD) à Abidjan, très écouté par le président Ouattara, et un autre surnommé ‘’Tango’’. Les directeurs de stage étaient Famoussa Ouattara, pour le groupe formé à l'Efa de Bouaké. Il est aujourd'hui lieutenant-colonel. Chérif Ousmane, pour le groupe formé au bataillon du Génie de Bouaké. Les formateurs étaient des officiers et sous-officiers burkinabé et ivoiriens.

Notre mission, nous déverser dans toutes les communes d'Abidjan en vue d'affaiblir l'appareil militaire du président Gbagbo avant l'assaut final, d'où la naissance du ‘’commando invisible’’ à Abobo. Ivoiriens, voici les promesses que Soro Guillaume et le Général Soumaïla Bakayoko nous ont faites. Les jeunes recrutés devaient intégrer l'armée sans condition et bénéficier de l'octroi d'une prime de guerre. Le gouvernement devait donner une maison à chaque élément pour le service rendu à la nation.

Pendant la formation, le Gal Bakayoko et l'actuel président de l'Assemblée nationale, Guillaume Soro, ont rendu visite aux éléments dans les savanes de Bouaké et de Katiola d'où ils ont confirmé les promesses. Guillaume Soro a eu à dire que nous représentions l'Ecomog, car l'envoi de l'Ecomog coûterait cher à l'Etat de Côte d'Ivoire. Mission terminée, voilà que depuis 2011, nous suivons le régime pour honorer sa promesse. On nous tourne en bourrique, refuse et nous menace. Nous sommes au nombre de 383 éléments qui ont été tous formés sur les armes lourdes et légères avec différentes techniques de combats. Sur les 383 éléments, 17 sont morts pour le régime en place et jusque-là, rien n'a été fait pour nous, malgré les promesses.

Pourtant, des jeunes que nous connaissons bien dans nos quartiers, et qui étaient cachés sous leur lit pendant la bataille d'Abidjan, sont aujourd'hui militaires. Et nous, toujours rien. Les vendeuses d'oranges, de comprimés, des commerçantes, ont des matricules et sont militaires. Et pourquoi pas nous ? Des chefs vendent les matricules pour de l'argent, à n'importe qui. Souvent, il faut passer par leur femme ou par leur copine. Nous avions entrepris des démarches auprès de ceux qui nous ont engagés, mais rien n'a abouti. Après, nous avions rencontré physiquement et par courrier, des autorités que sont :

L’imam Check Bouakary, vice-président de la Commission Dialogue-Vérité et Réconciliation (CDVR), le Premier ministre Charles Konan Banny, président de la CDVR, Ibrahim Ouattara, petit-frère du président de la République, Gaoussou Soumahoro, Com-terre de l'armée, Méité Sindou, ex-porte-parole de Soro Guillaume à la Primature, Me Bamba et Me Konan (Avocats). Tous ceux-là n'ont trouvé aucune solution à notre problème. Alors, comme des chefs menacent de nous anéantir si nous ne fermons pas notre bouche sur cette affaire de prime de guerre, nous prenons l'opinion nationale et internationale à témoin. Nous sommes au courant qu’en plus de nous, vous préparez une opération de chasse aux FRCI sans matricule. Nous ne savons pas comment chacun est devenu FRCI, mais sachez que tous ceux qui ont combattu pour ce régime et aujourd'hui sans matricule, ne se laisseront pas faire. Malgré le désordre, l'injustice et la division que vous avez semés entre les FRCI. Sachez qu'on vous suivra jusque dans vos foyers pour vous réclamer notre dû quel que soit le temps que ça va mettre. Même si ce régime n'est plus, nous vous suivrons.

Si après nous avoir utilisés, c'est de cette manière que vous voulez vous débarrasser de nous, ça ne passera pas. Bouaké n'est pas Abidjan, nous savons qu’à Bouaké, après la bataille entre pro-Soro et pro-IB, des centaines de jeunes soupçonnés proche de IB ont été enfermés dans un contenaire au soleil et tous ont péri. Vous ne pourriez pas le faire à Abidjan parce que vous avez en face ceux qui vous ont ouvert les portes d'Abidjan, qui ont dressé le lit pour vous à Abidjan, ceux qui vous ont montré les rues et les quartiers d'Abidjan et les mêmes qui ont combattu avec vous. En dehors de ceux que vous avez fait former à Abidjan, nous avions recruté plus de 500 éléments qui étaient eux-aussi répartis dans différentes communes d'Abidjan. Nous avons plein de FDS qui étaient avec nous, qui sont encore là et qui la plupart ont été frustrés par vous et qui observent. Vous nous avez trahis et trompés.

Beaucoup ont perdu leur travail à cause de vous. Vous avez mis la honte sur des familles. Pendant ce temps, des chefs tels que Traoré Salif dit ‘’Tracteur’’, préfèrent aller chercher leurs frères au Burkina pour venir les mettre dans l'armée. Pourtant, ceux qui ont donné leur poitrine pour le régime souffrent et sont insultés dans les rues comme étant des merdiers. C'est très dangereux, ce que vous faites. Nous regrettons fort et la mort vaut mieux. Nous sommes prêts à toute fusion sérieuse et solide. Dans notre prochaine déclaration, nous allons livrer tout ce qui était secret. Nous donnons une chance à tous, et nous pensons que le président Ouattara n'est pas informé de tout cela. Nous profitons pour lui dire que nous connaissons bien des loups vêtus en brebis dans sa maison et à la moindre erreur, ils vont sévir. Tout sera mis à nu si c'est ce qui plaît à Dieu, et même si nous sommes loin».





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