Dialogue direct Fpi-Gouvernement Déjà des menaces sur les négociations
Source : Notre voie : Dernière Mise à jour : 28/01/2013
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Déjà des menaces au 1er round du dialogue direct entre le gouvernement et le Front populaire ivoirien (Fpi). Démarrés dans la plus grande discrétion, les travaux des 4 commissions paritaires mises en place deux jours plus tôt ont connu quelques fausses notes, vendredi dernier. De bonnes sources, nous avons, en effet, appris que les négociations pour le retour définitif de la paix en Côte d’Ivoire ont failli capoter par la faute de certains faucons du régime Ouattara. Le ton serait donc monté d’un cran dans la Commission Sécurité qui a siégé dans les locaux du ministère d’Etat, ministère de l’Intérieur. Le maître des lieux, le ministre d’Etat Hamed Bakayoko, aurait ouvertement menacé de faire arrêter sur-le-champ des commissaires du Fpi qui, selon lui, sont dans une logique de préparation de coup d’Etat. Mais ce que les commissaires Fpi ont considéré comme une tentative d’intimidation, à en croire nos sources, n’a pas franchi le seuil de la porte des négociations. Les commissaires du Fpi, qui ont évité  de céder à la provocation, auraient estimé que la montée d’adrénaline du ministre de l’Intérieur serait simplement due au fait que les commissaires du gouvernement, dans cette commission, manquaient d’arguments pertinents pour soutenir longuement une contradiction. Visiblement, indiquent nos sources, ils n’avaient pas préparé sérieusement la rencontre. Les représentants du Fpi étaient pourtant venus avec les documents qui leur avaient déjà été soumis longtemps avant le début des négociations.
    Du côté de la Commission Etat de droit, on a aussi entendu le même son de cloche. Alors que le ministre Adama Toungara mettait tout en œuvre pour que les travaux se déroulent dans une atmosphère de convivialité et de rapprochement des vues, des ministres du gouvernement ivoirien étaient dans la provocation perpétuelle. Nos sources citent notamment le ministre Coulibaly Gnénéma qui se serait autorisé à injurier une des commissaires du Fpi sans le moindre égard pour le président de la commission, le ministre Adama Toungara. Il y aurait aussi eu des éclats de voix dans la Commission Réconciliation où il a été observé une violente récrimination du ministre Rémi Allah Kouadio contre le Fpi qu’il accuse de ne pas faire preuve de repentance dans la crise militaro-politique que connaît aujourd’hui la Côte d’Ivoire. Seule la Commission Jeu démocratique aurait travaillé dans la sérénité et la convivialité. Cette commission est dirigée par le ministre Mabri Toikeusse.
    On a donc frôlé la rupture à l’ouverture des débats de fond du dialogue politique entre le gouvernement et le Fpi. Même si tout est, par la suite, rentré dans l’ordre à la fin de la première réunion grâce à la sagesse des commissaires du Fpi. Qui, selon nos sources, loin de se laisser intimider, n’ont pas voulu rentrer dans certains débats dont le seul but était, justement, de provoquer le clash au niveau des négociations.
    Nous avons cherché à vérifier ces informations auprès de M. Bamba Franck Mamadou, secrétaire national du Fpi chargé de la Communication. Il n’a ni confirmé ni infirmé si lesdits incidents ont effectivement émaillé la première réunion des commissions paritaires. «Il est possible que des éclats de voix aient été entendus au cours des débats à l’intérieur de certaines commissions. Cela procède de la nature même de ces discussions qui, ne l’oublions pas, sont de grande importance pour le pays. Autant les commissaires du gouvernement que ceux du Fpi, tout le monde se bat pour défendre ce qu’il croit être la meilleure solution de sortie de crise pour la Côte d’Ivoire. En tout état de cause, le Fpi a demandé et obtenu le dialogue avec le gouvernement. Il ne se laissera pas intimider pendant les négociations. Et, sans présager de l’issue de ces discussions politiques, le parti ira résolument jusqu’à leur terme et en appréciera les résultats après coup», s’est-il contenté d’indiquer.
  Côté ministère de l’Intérieur, le conseiller en communication du ministre d’Etat a déclaré n’avoir pas entendu parler d’incidents au niveau des différentes commissions. «Quand on se rappelle la bonne ambiance qui a prévalu lors de la mise en place des commissions paritaires, ici même au ministère d’Etat, ministère de l’Intérieur, on ne peut donner aucun crédit à ces ragots qui n’apportent rien à l’avancement des choses. Je pense même que si ces incidents avaient existé, ce qui n’est d’ailleurs pas le cas, il ne servirait à rien d’en parler», a indiqué Bazoumana Coulibaly, que nous avons joint, hier, au téléphone.
    Les débats de fond se poursuivent aujourd’hui encore dans les 4 commissions paritaires. Une plénière est prévue, demain, pour une première synthèse des travaux qui devront être présentés, jeudi, au Premier ministre Kablan Duncan.

Robert Krassault





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