Enquête express Construction du pont HKB: La galère des populations de Marcory et Koumassi
Source :  Soir Info : Dernière Mise à jour : 31/01/2013
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A Marcory, il est beaucoup plus rapide de se déplacer à pied ou à deux roues à certaines heures, depuis la fermeture du carrefour ancienne bâche bleue, sur le Boulevard Valery Giscard d’Estaing (Vge), du fait des travaux de construction du pont Henri Konan Bédié, du nom du deuxième président de la première République de Côte d’Ivoire.
Circuler en automobile dans ce quartier de la capitale économique ivoirienne requiert la patience d’un pêcheur Tchaman et le sang froid d’un moine Tibétain.  Tant sont monstres les embouteillages. Notre équipe de reportage a fait cet amer constat, samedi 26 janvier 2013, en fin de matinée. Il lui a fallu plus d’une demi-heure pour parcourir le trajet Carrefour Sainte Bernadette- boulevard du Gabon- Pharmacie Tiacoh débouchant  sur le Vge via le carrefour Orca Déco.

Une distance qui est avalée en moins d’une dizaine de minutes d’ordinaire. Avançant à la vitesse d’une tortue, sous un soleil de plomb dans un bruit assourdissant causé par le vrombissement des moteurs et de klaxons des véhicules. Et le tout dans une parfaite indiscipline de certains automobilistes qui n’ont cure des règles minimales de courtoisie et de conduite. « C’est comme cela dans tout Marcory depuis quelques semaines. La circulation est difficile. Surtout aux heures de pointe », a souligné Kouamé Bernadin, cadre de banque et résidant à Marcory-Remblai. Il a expliqué qu’il y a pire que la situation que nous vivions. « Aujourd’hui c’est samedi mais imaginez vous ce que cela peut être un lundi matin. Les jours ouvrables, il vaut mieux sortir de Marcory avant 6h30 sinon vous serez verbalisé par votre responsable pour retard. Le soir, j’attends tranquillement 21h pour tenter une percée », a-t-il ajouté.

Selon lui, les embouteillages sont denses entre 16h 30 et 20 heures. Une information corroborée par Koné Mahama, chauffeur de woro-woro qui dessert les communes de Koumassi et Marcory. « A partir de 7h, je ne prends plus de clients en direction de Marcory. Si je dois m’y rendre, c’est à partir de 9h. Dans l’après-midi quand je ressors de Marcory à 16 h, je n’y mets plus le nez jusqu’à 21h », a-t-il indiqué. Toute chose qui s’en ressent  fortement sur son chiffre d’affaires.

 Koumassi, autant de désagréments

« On ne peut plus vraiment travailler à Marcory et cela nous pénalise. C’est une partie substantielle de notre recette journalière qui est ainsi amputée », a regretté notre interlocuteur. La situation s’est aggravée avec la fermeture de la route  passant par l’Institut national de la jeunesse et des sports (Injs), a fait observer Jacky Ehivé, opératrice économique. « La voie est coupée à partir de la pharmacie Injs. Ce qui en rajoute aux désagréments. Avant, on pouvait emprunter cette voie, passer au carrefour Anoumambo et sortir à Sainte Bernadette pour regagner Koumassi. Mais là également c’est bouché. Ce n’est pas la mort ça ? Et dire qu’on doit subir cette galère pendant au moins deux ans », s’est-elle désolée. Ce que comprend difficilement cette dame, c’est l’absence  à certaines heures des agents de la Police nationale aux carrefours stratégiques. « Ils peuvent au moins sortir pour réguler la circulation  ainsi ça irait beaucoup mieux », pense-t-elle. Pour de nombreux usagers de la route, la fermeture du carrefour ancienne bâche bleue est précoce. « On ne voit même pas ce qu’ils construisent. Le pont c’est sur la lagune mais même là-bas, on ne voit rien sortir de l’eau. Qu’ils fassent d’abord le pont avant de nous causer tous ces désagréments », a laissé entendre Augustin Konan, avec un brin d’énervement.

Les populations de Koumassi ne sont pas non plus épargnées. Elles subissent   des désagréments similaires. « Les matins, nous sommes confrontés à des embouteillages monstres. Au carrefour 147,  un nœud vous attend. Pareille au carrefour campement. Là-bas, c’est même plus grave avec les mouvements des bus. Si vous passez par la « Source » (une église évangélique-entendez la voie qui passe devant ce temple, ndlr)  vous serez confronté à un ralentissement au quartier Pangolin. La voie d’In Challa n’est pas non plus la meilleure, l’embouteillage vous prend jusqu’au niveau de l’église de Prodomo », a souligné Moayé Géraldine, commerçante de légumes. « Interdit » de passer par la voie du Marais, a ajouté Degny Pierre, étudiant dans une grande école au Plateau. Il a noté que du côté de la gare Utb, les usagers de la route ne sont pas mieux lotis. « Si vous sortez de cette gare que vous passez par le marché, c’est gâté. Quel que soit le détour, vous buterez sur un bouchon au carrefour de l’hôpital », a-t-il soutenu. Il a fait savoir que la situation est la même du côté de la mosquée. Il y a des bouchons partout : carrefour de la mairie, Texaco. « Même si le woro-woro passe par Kaïra pour sortir à la pharmacie Soleil vous tomberez inévitablement dans un embouteillage », a-t-il souligné.  A Marcory comme à Koumassi, c’est la croix et la bannière pour circuler à certaines heures. Une situation consécutive à la construction du 3ème pont, censé désengorger la ville d’Abidjan.  Un calvaire qui devrait durer une vingtaine de mois.

Jonas BAIKEH





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